Bonjour,
La question est vaste, parce qu’il existe en effet une grande variété de sortes d’installations, équipements et outillages et parce qu’il existe aussi plusieurs sortes de raisons d’en assurer le suivi.
Henri attire souvent notre attention sur les différences de domaines, symbolisées ici par le bleu, le vert et le rouge ; il nous a souvent dit par exemple – je résume à ma façon – qu’une excellente expertise en bleu ne préjuge en rien d’une véritable compétence pour manager du rouge ou du vert. C’est pour ce genre de raison que le management intégré « QSE » est parfois remis en cause (par Henri et par beaucoup d’autres).
Aussi vaste et complexe soit-elle en pratique, je trouve que la mission confiée à Racodon est un très bon exemple d’approche concrète d’un management intégré « QSE » rationnel.
Au fond, de quoi s’agit-il ?
A mon avis, il s’agit tout simplement de « maintenance » au sens large.
Il s’agit d’intégrer dans une gestion de maintenance commune et rationnelle la maîtrise de tout ce qui doit donner lieu à maintenance, quelle qu’en soit la raison.
Certes, l’intégration QSE ne porte ici que sur la maintenance, mais on pourrait faire pareil pour la gestion documentaire et bien d’autres choses – mais c’est un autre sujet qui nous éloignerait de la question de Racodon.
Si j’ai bien compris, la question de Racodon porte surtout sur l’existence de principes et de référentiels permettant de fixer des périodicités pertinentes de vérifications et d’actions de maintenance des équipements dont il veut assurer la maîtrise.
Ma réponse sur ce point très concret et très pratique est qu’il n’existe pratiquement aucun « référentiel ». Pour avoir assez longuement potassé la littérature sur les ECME, notamment (car la partie de la métrologie qui s’occuppe de la maîtrise des ECME – vérifications, étalonnages, etc. – n’est rien d’autre que la « maintenance » des ECME, je n’ai jamais rien trouvé, aucune méthode ni aucune norme qui puisse tenir lieu de « référentiel ».
A défaut de référentiel autorisé ou universel, on peut par contre appliquer des règles de bonnes pratiques.
A titre purement indicatif, voici les principes que je préconise personnellement (mais je ne les ai pas inventés).
Avant de les énoncer, je précise que le terme « équipement » s’applique ici à tout : à un bâtiment aussi bien qu’à un cutter, un véhicule ou autre engin de manutention, n’importe quelle machine ou outillage et bien sûr aussi aux ECME.
A mon avis, un équipement doit être vérifié, puis au besoin réparé ou remplacé dans les cas suivants et selon l’ordre de priorité ci-après :
1)
Si un événement fortuit ou accidentel donne à penser qu’il n’est plus en état de remplir convenablement sa fonction.
Exemples : panne de l’aérateur d’un local climatisé, chute d’un pied à coulisse, extincteur vidé, etc.
2)
Au terme de la MTBF avérée de l’équipement. C’est à dire quand l’expérience a prouvé que l’équipement cesse d’être fiable au bout d’un certain temps d’usage ou de disponibilité.
Ce paramètre n’est pas toujours facile à connaitre mais quand on arrive à le cerner on s’aperçoit que le délai est souvent beaucoup plus long que les fréquences périodiques systématiques que l’on s’impose au son du nez. Mesurer et chercher à comprendre n’est pas forcément du temps perdu mais parfois beaucoup d’argent économisé.
Exemple : Un filtre qui est efficace pendant plus de deux ans mais que l’on remplace tous les mois.
3)
Lorsqu’une réglementation, une norme ou une procédure interne impose un délai.
Cela s’applique notamment à tout ce qui est visé par l’ED 828.
Notons que si les procédures internes, parfois motivées par des événements anciens, ne sont plus pertinentes, on peut toujours les réviser (voir le critère précédent).
Par contre toute obligation réglementaire doit être exécutée sans hésitation ni murmure même si le patron ou le client ne la trouve pas pertinente.
4)
En fonction des préconisations du constructeur de l’équipement.
Ce critère a une grande importance dans le cas d’un équipement coûteux sous garantie mais, chaque fois que cela est possible, le critère 2 ci-dessus lui est préférable.
Bon courage à Racodon !