Bonjour Tommy et Gardac,
Ce que je ne parviens toujours pas à comprendre, c’est comment il peut se faire que le jus déborde de la canette ? (Tu nous a dit, Tommy : Mais est-il possible que l’azote liquide introduit dans la canette « après le remplissage » s’évapore juste avant le sertissage « lorsque le jus déborde dans la canette ? ») Qu’est-ce qui déborde de quoi ? – A mon avis la chasse d’azote ne devrait pas avoir ce genre d’effet…
Sinon je suis tout à fait d’accord avec Gardac en ce qui concerne les paramètres.
Je suis plus circonspect en ce qui concerne le plan d’expérience, mais pourquoi pas ?
Déjà, le plan d’expérience est une démarche assez complexe, il faut savoir le faire, mais pourquoi pas ?
Surtout, le plan d’expérience nous conduirait à connaitre avec plus de précision quelles sont les combinaisons de variations de ces différents paramètres qui donnent une bonne ou mauvaise rigidité. C’est certes intéressant mais est-ce bien utile ?
Je pense que ce n’est pas très utile parce que je crois que nous connaissons déjà le paramètre déterminant et qu’il s’agit simplement de le stabiliser en stabilisant simplement ses causes de variation.
Enfin… quand je dis « simplement » je ne veux pas dire que c’est forcément simple, je veux dire qu’il n’y a pas lieu de chercher autre chose. D’autre part, ce que je raconte ici ne repose que sur ma représentation à distance de quelque chose que je n’ai pas vu et peut-être pas compris, alors je peux fort bien me tromper.
Selon ma « vision » du problème, l’unique paramètre à stabiliser est la température du jus dans la boîte au moment de la chasse d’azote qui précède le sertissage.
Pourquoi je pense cela ? parce qu’une « petite » variation de température du jus à un « grand » effet sur la quantité de gaz libéré par l’évaporation de l’azote liquide au contact du jus.
En résumé : Jus « un peu » trop chaud provoque évaporation « beaucoup » trop grande qui a pour conséquence que la densité du gaz enfermé dans la boîte est « significativement » trop faible et que de ce fait la canette sertie sera « trop » molle ou « pas assez » rigide à température ambiante.
Bien entendu, les notions de petit, grand, un peu, beaucoup, significativement, trop ou pas assez sont des notions qui pourraient être objectivées et quantifiées par le calcul, ce que je n’ai aucune envie de tenter ici, mon propos étant simplement d’exposer schématiquement le principe qui, selon mon intuition qui n’est pas infaillible, explique les canettes trop molles.
Si Tommy pense que ma vision intuitive est peut-être juste, il pourrait sans doute la vérifier ou l’infirmer par des observations et mesures moins complexes qu’un plan d’expérience complet.
Cela pourrait par exemple se faire à peu près de la manière suivante :
1 – Prélever sur la ligne des boîtes remplies juste avant la chasse d’azote (c’est sûrement possible)
2 – Mesurer immédiatement la température du jus dans ces boîtes (avec la plus grande précision possible, toujours de la même façon et toujours avec le même thermomètre).
3 – Evaluer ensuite les canettes serties immédiatement sortantes mais en leur laissant d’abord le temps de retourner à température ambiante d’utilisation normale (par exemple après deux jours de stockage dans les conditions habituelles). Cette évaluation peut se faire selon le moyen habituel avec deux modalités « rigide » ou « molle ». On peut aussi choisir quatre modalités mais ça complique tout de suite beaucoup, par exemple « très rigide », « rigidité correcte », « un peu molle mais acceptable » et « trop molle ».
Il faut faire cela d’abord plusieurs fois dans les conditions de production jugées « habituelles » (ce qui ne signifie pas d’emblée « normales »), puis ensuite dans des conditions délibéremment « expérimentales » lors desquelles Tommy augmentera ou diminuera volontairement la température du jus avant la chasse ; pour cela il fera volontairement monter et baisser un peu au-delà des limites opérationnelles extrêmes la température de flash-pasteurisation mais en veillant à ne rien modifier d’autre au processus (Attention ! en dehors de la rigidité des canettes les produits issus de ces campagnes expérimentales ne seront peut-être pas conformes pour la commercialisation.)
Après tout ce travail – qui n’est quand même pas la mer à boire et qui sans être un véritable plan d’expérience en emprunte quand même quelques principes de rigueur méthodologique et scientifique – Tommy pourra tracer un joli graphique sur lequel on verra si oui ou non la rigidité des canettes est corrélée à la température du jus. (Perso je parie que oui mais c’est quand même à vérifier.)
Encore autre chose, Tommy, est-ce que le temps de transfert entre la flash-pasteurisation effective et la chasse d’azote effective est bien le même pour toutes les canettes d’une même campagne ?
En effet, il est courant que deux opérations de processus ne puissent avoir la même cadence. Dans ce cas, les méthodistes concepteurs de la ligne prévoient souvent entre les deux un poumon d’attente, la première opération s’effectue par rafales qui remplissent le poumon à intervalles de temps réguliers tandis que la seconde opération le vide en continu.
S’il y a quelque chose de ce genre dans ton processus il y aurait déjà deux superbes sources de variabilité à maîtriser.
La première serait l’éventuelle différence de température du jus d’une rafale de remplissage à l’autre.
La seconde serait la variation de température du jus d’une boîte à l’autre en fonction de son temps d’attente dans le poumon (refroidissement possible ?).
(N’oublions pas qu’une très « petite » variation de température du jus peut avoir de « grands » effets sur la rigidité des canettes – c’est du moins mon point de vue.)