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Public Group active 3 weeks, 5 days ago

Processus externalisé (10 posts)

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  • Avatar Image Sylvain said 10 months ago:

    Bonjour,
    Ce sujet a largement été évoqué dans ce forum, ceci étant je vous expose ma « problématique ».
    1 holding
    1 filiale certifiée ISO 9001

    Le processus RH est externalisé au niveau de la holding en partie
    En effet, la demande de besoin est émise par la filiale,
    Le prérecrutement est réalisé par la holding
    Le recrutement final (shortList) est réalisé par la filiale.
    L’établissement du contrat est réalisé par la holding
    Puis, il est confié à la filiale pour classement, puis conplété au fil de l’eau suivant la carrière du salarié.

    Voila ce que j’ai réalisé:
    Au niveau holding: 1 processus RH comprenant toutes les taches (dont celles se réalisant dans la filiale).
    Au niveau de la filiale: Pas de processus, mais une instruction explicant uniquement ce qui se fait dans la filiale.

    Je n’ai donc pas de processus RH dans cette filiale.

    Dans la cartographie de la filiale, je fais apparaitre le processus avec la mention « externalisé ». Je fais également apparaitre l’instruction, qui elle, appartient à la filiale.

    La norme demande (4.1) à ce que l’on précise le type et l’étendue de la maîtrise, elle ne précise pas que ce processus doit être décrit….

    Qu’en pensez-vous?

    Par avance merci.

  • Avatar Image .Yves said 10 months ago:

    En effet, Sylvain, ce type de sujet a été très souvent discuté ici. Aussi je m’en tiendrai à une réponse courte.

    Point 1 :
    C’est la filiale qui est certifiée, c’est la filiale qui sera auditée, c’est donc le SMQ de la filiale qui est seul en cause.
    Par conséquent, les processus que tu as prévus pour la holding n’ont aucune sorte d’importance.

    Point 2 :
    Pour que la filiale (certifiée) puisse externaliser un processus, il faut qu’elle « choisisse » de confier la mise en oeuvre de ce processus à une partie externe qui pourrait bien sûr être la holding. (Voir la note 2 du § 4.1 de l’ISO 9001.) – Outre le verbe « choisir » le même § 4.1 emploie le verbe « décider » (« Lorsqu’un organisme décide d’externaliser… »)
    Dans ton cas de figure (comme d’ailleurs dans beaucoup de cas semblables), il ne saute pas aux yeux que ce soit bien la filiale qui ait vraiment choisi et décidé d’externaliser vers la holding les processus dont tu parles… Personnellement j’ai plutôt l’impression que c’est au contraire la holding qui a en fait la haute main sur ces processus et que la filiale ne pourrait peut-être pas si facilement « choisir » et « décider » de la lui retirer.
    Mais c’est là une question de perception, d’interprétation, et si l’auditeur veut être un peu coulant il ne posera pas trop de questions sur cet aspect des choses.

    Point 3 :
    Bien plus encore que la question du choix et de la décision d’externaliser, c’est la question de la maîtrise du processus externalisé qui se pose.
    Le § 4.1 exige très clairement que, si elle décide d’externaliser un processus, la filiale (certifiée) en assure néanmoins pleinement « la maîtrise ». Cette exigence est renforcée par celle de définir dans le SMQ de la filiale le type et l’étendue des dispositions de maîtrise que la filiale exerce sur la holding pour ce processus.

    Je ne vois pas trop bien comment tu vas pouvoir définir et démontrer la maîtrise que la filiale exerce sur la holding (pour ce processus) sans que cela ne soit documenté – c’est à dire écrit – d’une façon ou d’une autre quelque part dans la documentation du SMQ de la filiale (et je dis bien : du SMQ de la filiale, car c’est la filiale qui est certifiée, je redis que tout ce que tu peux inventer, procédurer ou cartographier concernant la holding n’a aucune importance pour la certification de la filiale car c’est étranger au SMQ de la filiale).

    Remarque supplémentaire :
    Puisque tu sembles avoir suivi les autres discussions sur ce sujet, Sylvain, tu as sans doute remarqué que chaque fois qu’on veut violer les exigences du § 4.1 sur les processus externalisés on en appelle au § 7.4 relatif aux achats.
    En gros, la pirouette consiste à prétendre que les processus externalisés sont maîtrisés parce que leurs résultats sont maîtrisés par le biais des dispositions de maîtrise des achats.
    Dans ton cas, Sylvain, cette astuce me semble difficilement utilisable.

  • Avatar Image JMD said 9 months, 4 weeks ago:

    disons que tu as une prestation qui est réalisée par un organisme extérieur (que tu le paye ou non est de peu d’importance)
    la vraie question est « comment est-ce que je maîtrise cette prestation ?  »
    est-ce par un audit que je fais chez le prestataire ?
    par un suivi qualité des prestations ? (ceci est quasiment obligatoire)
    mon prestataire est-il hautement qualifié ?
    par un contrôle à réception de la prestation ?
    autre ?

    ensuite, je ne veux par rouvrir ici le débat sur l’absurdité de la notion de processus externalisé. Je signale juste (à Yves, que je salue au passage) que le paragraphe Achats s’applique à ce qu’on achète en payant, mais aussi à ce qu’on obtient sans payer (par exemple des produits ou prestations bénévoles, ou encore des prestations venant d’une holding ou d’une filiale, comme c’est le cas dans ce fil)

    attention, le fisc a une logique tout à fait logique ! et il peut exiger qu’il y ait un véritable achat de prestation entre ton entreprise et la holding. Auquel cas on retomberait sans difficultés intellectuelles dans le cas des Achats classiques.
    Pose la question à ton comptable ou expert-comptable de savoir s’il y a déclaration et sous quelle forme de cette prestation.
    J’ai toujours soutenu que la logique des affaires et la logique des systèmes qualité sont identiques

    bgrvfe

  • Avatar Image .Yves said 9 months, 3 weeks ago:

    Ah ! Bonjour Jean-Marie !… C’est toujours un plaisir de te retrouver ici avec tes remarques de bon sens noyées dans l’océan de tes vaticinations et prophéties personnelles qui n’ont ni queue ni tête.

    Pour Sylvain, et pour tous ceux qui sont réellement confrontés à une situation ressemblant à celle de Sylvain, essayons de faire le tri entre la réalité et tes ébouriffantes inventions.

    Tu nous dis que – selon toi – la notion de processus externalisé est une absurdité. Soit, Jean-Marie, tu as bien entendu le droit de penser ce que tu veux et de le clamer à qui tu veux où tu veux et autant de fois que tu le voudras pour les siècles des siècles, cela n’empêchera jamais qu’en dépit de tes stériles imprécations les processus externalisés existent bel et bien, autant dans la réalité concrète des systèmes de management que dans les exigences de l’ISO 9001 relatives à ces inéluctables réalités. On me pardonnera j’espère de m’intéresser plus à la réalité qu’à tes inutiles vaticinations.

    Emporté par ton élan prophétique où tes pieds ne touchent plus le sol, tel Moïse descendant de la montagne pour fracasser le veau d’or, voici que tu nous annonces un redoutable risque fiscal qui n’existe que dans ton exaltation embrumée. Les tables de tes lois – que tu qualifies de « logique tout à fait logique » – ne te viennent ni de l’inspiration divine ni de la moindre culture fiscale mais seulement de ton imagination débridée que tu confonds avec la réalité.

    Soyons un peu sérieux, Jean-Marie, il est temps d’atterrir doucement si tu le veux bien.
    Le fait qu’une holding exerce son pouvoir sur ses filiales n’a jamais été considéré par le fisc comme un acte commercial pouvant s’apparenter à une prestation vendue et soumise à déclaration fiscale. Réciproquement, le fait qu’une filiale se soumette aux règles fixées et aux décisions prises par sa holding tutélaire n’a jamais constitué un quelconque « achat » au sens commercial et fiscal du terme. Ton épouvantail fiscal n’existe donc que dans les cauchemars dont tes rêves de transcendance voudraient contaminer tes hypothétiques adeptes.
    Je me permets d’affirmer cela en me fondant sur ce que je crois être mes modestes et terrestres connaissances conjuguées aux faits constatés en ce bas monde, et non pas comme toi sur des opinions échevelées sur ce que pourrait ou devrait être la doctrine fiscale revue selon tes visions d’un royaume qui n’est pas le monde réel dans lequel nous vivons mais dont tu serais l’archange tantôt salvateur, tantôt exterminateur.
    Je te laisse tout le temps que tu voudras pour te livrer à l’exégèse de tous les codes qu’il te plaira et explorer toutes les annales de jurisprudence du monde réel ; si tu trouves un jour un seul fait réel – je dis bien : réel – qui contredise mon affirmation nous en reparlerons.
    En attendant, il fera lui aussi comme il veut, mais je ne recommande pas à Sylvain de suivre ton conseil consistant à aller demander au comptable combien la holding a facturé à sa filiale pour lui imposer les candidats qu’elle a sélectionnés ou pour s’enquérir des mythiques déclarations fiscales auxquelles cette improbable facturation aurait pu donner lieu. Des questions aussi abracadabrantes couvriraient inutilement Sylvain de ridicule… (Cela dit, il est souvent intéressant de causer avec un comptable ou un contrôleur de gestion, mais je crois qu’il vaut mieux éviter de leur poser des questions stupides.)

    Mais venons-en maintenant à tes remarques de bon sens, Jean-Marie.
    Tu signales à mon attention, je te cite, que : « le paragraphe Achats [le 7.4 de l’ISO 9001] s’applique à ce qu’on achète en payant, mais aussi à ce qu’on obtient sans payer (par exemple des produits ou prestations bénévoles, ou encore des prestations venant d’une holding ou d’une filiale, comme c’est le cas dans ce fil) »
    Nous sommes en parfait accord sur ce point, Jean-Marie.
    Comme je crois d’ailleurs l’avoir déjà dit dans d’autres discussions, il se trouve que le 7.4 est titré « Achats », certainement parce que le cas le plus courant concerne de véritables achats, mais, quant à son fond, il aurait aussi bien pu et peut-être mieux se titrer « Maîtrise des fournitures et prestations » ou « Maîtrise des approvisionnements » car, nous en sommes parfaitement d’accord, ce n’est pas le statut commercial de l’entrée qui a de l’importance mais son influence sur la qualité du produit, sur la satisfaction du client et sur l’efficacité du système de management de la qualité.
    De ce seul point de vue, ce que fait la holding par rapport à la filiale de Sylvain pourrait tant bien que mal s’apparenter à une sorte de prestation relevant du 7.4. (Comme je l’ai rappelé je crois plus haut, chaque fois qu’on veut violer les exigences du § 4.1 relatives aux processus externalisés on tente de se réfugier dans le § 7.4 sur les achats. Pour t’avoir beaucoup lu avec attention dans d’autres discussions je sais très bien, Jean-Marie, que tu es le plus fervent et le plus sincère des apôtres de ce subterfuge car tu ne vois pas de différence entre le résultat d’un processus et le processus qui produit ce résultat, c’est cette cécité qui te fait clamer à qui veut l’entendre ta croyance et ton prêchi-prêcha sur « l’absurdité de la notion de processus externalisé » que tu ne comprends pas.)

    Mais revenons à Sylvain.
    Tu lui dis, Jean-Marie, je te cite encore : « Disons que tu as une prestation qui est réalisée par un organisme extérieur (que tu le payes ou non est de peu d’importance) ». Jusque là je suis tout à fait d’accord. Tu poursuis par la question cruciale : « la vraie question est ‘comment est-ce que je maîtrise cette prestation ?’ ».

    Eh oui ! C’est bien là que Sylvain se trouve devant un os très difficile à dissoudre !
    Qu’on la joue en 7.4 ou en 4.1, l’exigence de maîtrise de l’ISO 9001 est opiniâtrement constante. Si on ne veut pas « assurer la maîtrise » d’un processus externalisé il faut évaluer et surtout « sélectionner les fournisseurs » avec enregistrement des décisions qui s’ensuivent.

    Et comment il va faire notre ami Sylvain ? Un petit coup d’œil sur les moyens que tu préconises, Jean-Marie, c’est rigolo :
    - Audit de Sylvain (ou commandité par Sylvain). C’est déjà un peu surréaliste la filiale qui audite sa holding, mais passons… Supposons qu’au lieu de se mettre à genoux Sylvain colle deux ou trois non-conformités à sa holding. Et après ? Après tout le monde va pisser de rire et, en guise d’action corrective, la holding fera un bras d’honneur à sa filiale qui n’a aucun pouvoir sur elle.
    - Le suivi qualité des prestations, qui est « quasiment obligatoire » nous dis-tu, Jean-Marie. Oui, et alors ? Si ce suivi qualité révélait que les prestations de la holding sont médiocres, crois-tu que la filiale pourrait déclasser sa holding au nom de la stricte et rigoureuse observance du second alinéa du § 7.4.1 de l’ISO 9001 pour lui préférer un autre cabinet de recrutement ? On est en plein délire…

    Pour moi, dans le cas de Sylvain il n’y a pas l’ombre d’un processus externalisé parce qu’aucune des conditions substantielles de l’externalisation n’est présente – pour mémoire ces conditions sont celles citées au § 4.1 de l’ISO 9001, à savoir la décision d’externaliser et l’assurance de la maîtrise dudit processus externalisé. (Dans le cas de Sylvain la filiale n’a rien décidé du tout et n’exerce aucun pouvoir significatif.)

    Il n’y a pas non plus l’ombre d’un achat – même au sens le plus étendu de ce terme – pour la bonne raison qu’il n’y a pas de fournisseur à l’égard duquel le SMQ de la filiale pourrait exercer les responsabilités fondamentales que lui assigne le § 7.4.1 de l’ISO 9001 qui impliquent en particulier le pouvoir de choisir (sélectionner) le fournisseur.

    Si mes commentaires sont insuffisants ou peu clairs (ce que j’admettrais volontiers !), ou bien si l’on doute de leur crédibilité, on peut trouver sur le site de l’ISO un article on ne peut mieux autorisé sur cette notion assez complexe de processus externalisés que beaucoup trouvent difficile à comprendre et que, de toute sa hauteur et science considérables, Jean-Marie trouve « absurde ».
    Moi, je ne suis ni grand prêtre ni prophète ni gourou, je ne juge pas dans ce genre de discussion de la pertinence de l’ISO, je m’en tiens simplement à tenter d’expliquer du mieux possible ce qu’il faut comprendre à ceux qui posent des questions sur ce que je crois assez bien connaitre. Il me plait de croire que cette modeste forme de participation peut être utile et constructive pour ceux qui sont confrontés à des problèmes concrets et pratiques. Pour le reste, Sylvain ou tout autre Allqualiticien à le choix d’aller vérifier chez ISO ou sur le site des impôts si ce que je dis est vrai ou d’accorder crédit aux vagabondages intellectuels du grand esprit qui n’a toujours pas compris ce qu’est un processus externalisé.

  • Avatar Image Philippe Engrand said 9 months, 3 weeks ago:

    Mon petit grain de sel :

    On parle de processus externalisé ; soit. Donc on parle de processus. Et moi, dès que j’entends processus, je pense finalité (je sais, le terme n’est pas dans la norme), mais c’est quand même grace à la notion de finalité qu’on aborde l’approche processus, y compris l’externalisation, de façon cohérente et (donc) pertinente (listage des activités concernées, besoin de rédiger d’éventuelles procédures, et surtout indicateurs d’efficacité)

    On parle de RH ? ou de recrutement ?
    L’activité recrutement est elle une activité d’un processus plus large ? ou est-ce en soi un processus ? Quelles est la finalité concernée ?

    Concernant l’externalisation : en général, lorsqu’une activité (telle que le recrutement) est réalisée par la maison mère, cela assure un certain de niveau de maitrise a priori, en tous cas, et toujours en général, supérieur à celui de la filiale. Encore faut il s’en assurer (en interne filiale, puis par l’auditeur), et accessoirement en documenter quelques lignes, puisque telle est l’exigence

    Concernant le 7.4, pour moi, Achats et plus précisément Documents d’Achats concernent des produits ou prestations … achetées !
    S’il s’agit de prestations fournies par la maison mère (sans contepartie financière), alors c’est l’un des rares cas où le paragraphe Processus externalisé s’applique sans le Paragraphe Achats.

    Bonnes vacances …

  • Avatar Image JMD said 9 months, 3 weeks ago:

    bonjour à tous

    j’ai lu 3 lignes de la réponse d’Yves, avec ses mots peu amènes, suivis d’une logorrhée que je n’ai donc que parcourue.

    juste une remarque donc, en réponse aussi à Philippe. Je répète ce que j’ai écrit plus haut :
    - le fait de payer ou d’obtenir à titre gracieux un produit ou un service ne change rien au fait qu’on doive le maîtriser au travers du paragraphe Achats.
    Le fait que le fournisseur de ce produit ou de ce service nous soit imposé (par un client comme c’est le cas souvent, ou par la maison mère comme c’est le cas ici*) ne change rien non plus : paragraphe Achat obligatoire.

    * et en plus ici, c’est la maison mère qui est elle-même le fournisseur. Et naturellement, ça ne change rien : paragraphe Achats.

    je résume en disant que
    tout ce qui vient d’un organisme extérieur doit passer par le paragraphe Achats.

    bgrvfe

  • Avatar Image .Yves said 9 months, 3 weeks ago:

    Bonjour à Jean-Marie, Philippe, Sylvain et peut-être d’autres.

    Ca va faire encore beaucoup de logorrhée, regrettera Jean-Marie, mais je n’oblige personne à me lire.

    Je partage pleinement le propos de Jean-Marie qui souligne que « le fait de payer ou d’obtenir à titre gracieux un produit ou un service ne change rien au fait qu’on doive le maîtriser au travers du paragraphe Achats ».
    Philippe fait allusion aux documents d’achat. Certes, les documents du type bon de commande ou cahier des charges ne sont en général utilisés que dans le cadre d’un échange commercial mais ce n’est pas du tout cela qui détermine si les exigences du 7.4 doivent ou non s’appliquer.
    Le critère d’application du 7.4 est ce qui est très clairement indiqué au premier alinéa dudit 7.4 : C’est l’incidence de la fourniture sur la réalisation ultérieure du produit ou sur le produit final.
    Cette incidence (on pourrait dire aussi influence ou criticité) à normalement été évaluée et documentée en conception (voir § 7.3.3 b), elle est l’unique critère d’application des exigences du 7.4, sans aucune sorte de considération relative à la façon commerciale ou non d’obtenir la fourniture en cause.

    C’est tellement vrai que dans toutes les entreprises il y a tous les jours des quantités d’achats qui sont bien des achats au sens commercial du terme mais qui ne sont nullement pris en compte par les dispositions de maîtrise définies par le SMQ en application des exigences du 7.4. Exemples : la fourniture de stylos, crayons et papier de bureau, l’achat du papier toilette pour les W.C., le nettoyage des vitres et des bureaux, le ravalement de la façade de l’entreprise, etc.
    Pourquoi ces multiples achats et prestation ne sont pas gérés par le SMQ ? Tout simplement parce que l’on a estimé qu’ils n’ont aucune influence sur la réalisation et la qualité du produit de l’entreprise.

    À l’inverse, tout ce qui a une influence sur la réalisation et la qualité du produit final doit être maîtrisé selon les exigences du 7.4, quelle que soit l’origine et le mode d’acquisition de la prestation ou de la fourniture.
    Très souvent il s’agit bien de choses achetées en payant, mais pas toujours. Voyons quelques cas.

    Quand une entreprise s’approvisionne en semi-finis auprès d’une filiale du même groupe il peut très bien ne pas y avoir la moindre facturation ni le moindre paiement mais le semi-fini en question n’en sera pas moins un « achat » au sens du 7.4, car ce semi-fini à une très grande incidence sur la qualité du produit final.

    Autre cas, le recyclage. C’est une activité qui consiste à faire de la matière neuve à partir de copeaux, rognures et autres rejets des autres entreprises. Le recycleur s’approvisionne donc en matière première auprès de différentes entreprises. Dans de nombreux cas la particularité est que non seulement le recycleur ne paie pas sa fourniture mais au contraire se fait payer pour en débarrasser l’entreprise qui la lui fournit.
    Commercialement et fiscalement le recycleur accomplit une vente (la vente d’un service d’enlèvement des copeaux ou rognures) cela n’empêche pas que ces copeaux ou rognures ont une très grande influence sur la qualité de son produit final (la matière neuve recyclée) et que par conséquent ils constituent bien un « achat » au sens du 7.4.

    Imaginons encore un organisme dont l’activité est d’héberger et de nourrir des personnes (un foyer d’une organisation caritative par exemple).L’une des activités de cet organisme (au sens de produit final) est donc de servir des repas. Pour cela elle doit s’approvisionner en denrées alimentaires à Rungis ou sur le marché local. Tout le monde s’accordera je pense sur le fait qu’il s’agit bien là d’un achat et que cet achat a une grande incidence sur le produit final (qui est le repas servi). Si cet organisme voulait être certifié, tout auditeur comme Philippe s’empresserait de vérifier si les exigences du 7.4 sont bien appliquées aux achats de denrées alimentaires n’est-ce pas ?
    Supposons maintenant que cet organisme reçoive un don de produits alimentaires – ce genre d’événement peut très bien se produire suite à une collecte ou pour d’autres raisons – il ne s’agirait plus d’un achat au sens commercial et fiscal puisque c’est fourni gratuitement. Néanmoins ces produits donnés ont exactement la même influence que les produits achetés sur la qualité des repas servis. Est-ce que Philippe déclarerait que les exigences de maîtrise du 7.4 n’ont pas lieu de s’appliquer à ces produits sous prétexte qu’ils ont été donnés plutôt que vendus et achetés ?

    Je suis donc mille fois d’accord avec Jean-Marie sur le fait que payant ou gratuit cela ne change rien, car le seul critère d’application du 7.4 est l’incidence de la chose fournie sur la réalisation ultérieure du produit ou sur le produit final. – Ce n’est d’ailleurs ni Jean-Marie ni moi qui le disons, c’est très clairement énoncé noir sur blanc dans le premier alinéa du 7.4.

    Le critère d’application étant maintenant bien clair, il reste quand même à jeter un coup d’œil sur les exigences du 7.4. C’est là que des difficultés peuvent apparaitre.

    L’exigence fondamentale et incontournable est elle aussi écrite noir sur blanc dès le début du second alinéa du 7.4, je cite : « L’organisme doit évaluer et sélectionner les fournisseurs en fonction de leur aptitude à fournir un produit conforme aux exigences de l’organisme. »
    Il s’agit là de l’exigence substantielle générique, c’est-à-dire de celle dont découlent les autres.
    Nonobstant les autres exigences, cela implique d’emblée et sans aucune ambiguïté deux conditions essentielles :

    1 – C’est l’organisme certifié qui doit fixer lui-même ses propres exigences pour le produit ou la prestation à fournir. La norme dit bien « conforme aux exigences de l’organisme », ces exigences ne peuvent donc pas être définies ailleurs qu’au sein du SMQ de l’organisme certifié ni autrement que par la mise en œuvre de ses propres processus.

    2 – L’autre condition fondamentale est le libre choix du fournisseur par l’organisme certifié. L’organisme doit « sélectionner » les fournisseurs dit la norme. Jusqu’à preuve du contraire sélectionner veut bien dire choisir. Il y a donc violation manifeste de cette exigence substantielle chaque fois que le fournisseur est imposé d’une façon ou d’une autre (imposé par la maison mère, imposé par le client ou par n’importe qui d’autre…).

    Je pose maintenant une question à Philippe, sa réponse devrait être considérée comme très autorisée puisqu’il est auditeur de certification.
    Dis nous Philippe, lorsqu’un SMQ viole de façon structurelle une exigence fondamentale de l’ISO 9001, ne s’agirait-il pas par hasard de ce que l’on appelle une non-conformité ? Et, question qui s’ensuit, ne serait-il pas quelque part interdit aux organismes de certification de délivrer des certifications de complaisance à des entreprises dont le SMQ présente de franches non-conformités structurelles sans au moins un plan d’action corrective à peu près crédible pour se mettre en conformité ?

    Si Sylvain lit encore ce fil, il se dit peut-être que nous avons tous oublié sa question initiale.
    Pas tant qu’on pourrait croire…. Bien que je m’en sois quelque peu éloigné je n’ai pas du tout perdu de vue la question initiale de Sylvain.
    Je ne suis pas du tout d’accord avec la façon dont il tente de résoudre son problème en passant par le 4.1 en essayant de jouer sur les mots (les processus externalisés qu’il ne serait pas nécessaire de décrire ni de maîtriser… c’est une interprétation très périlleuse de l’ISO 9001 contredite par toute la doctrine à ce jour connue aussi bien de source ISO que selon les règles pratiques en vigueur à l’AFAQ qui est un organisme certificateur ayant pignon sur rue – mais il est vrai que face à l’ISO elle-même et face aux règles pratiques de l’AFAQ s’élèvent les incessantes jérémiades de Jean-Marie contre le concept de processus externalisé qu’il trouve absurde parce qu’il ne l’a pas compris, cependant, si j’étais à la place de Sylvain j’accorderais plus de crédit à la doctrine de l’ISO qu’aux retentissantes vociférations de Jean-Marie qui ne pèsent pas plus lourd qu’un pipi de moineau malgré le tapage qu’elles font sur Allquality).
    Je ne suis pas non plus d’accord avec la tentative de déguiser la holding qui a en fait l’essentiel du pouvoir en une sorte de fournisseur, comme un simple cabinet de recrutement qui relèverait du 7.4. C’est d’ailleurs tout à fait impossible puisque la filiale de Sylvain est en fait totalement dépourvue du moindre moyen de mettre sa holding en concurrence avec un quelconque cabinet de recrutement pour sélectionner, comme l’impose le 7.4 de l’ISO 9001, celui qu’elle évalue comme le plus apte à répondre à ses exigences.
    En fait, en fonction du premier et unique post de Sylvain, je pense que son problème n’a rien à voir avec le 4.1 ou le 7.4, il relève de tout autre chose, à savoir des exigences du 6.2.2.
    Considéré du point de vue de sa finalité, comme disait avec grande sagesse Philippe un peu plus haut, le processus décrit par Sylvain me semble aller bien, sans génie particulier, certes, mais de façon tout à fait convenable pour répondre aux exigences du 6.2.2 quand il s’agit d’un recrutement.
    Il reste évidemment à Sylvain à décrire dans la formalisation de son SMQ les choses telles qu’elles sont réellement. – C’est quand même beaucoup plus facile que d’aller s’entortiller dans des processus externalisés ou des achats qui, dans ce cas, n’existent pas plus les uns que les autres.

  • Avatar Image Philippe Engrand said 9 months, 2 weeks ago:

    L’imposition d’un fournisseur par la maison mère peut être considéré comme un critère de sélection.
    Pour moi, sélection ne veut pas dire forcément libre choix.

    Ceci dit, cela n’enlève en rien la responsabilité de l’organisme (par exemple la filiale dans notre exemple) de maitriser les produits achetés (contrôle à réception par exemple), et/ou de mettre en oeuvre la démarche d’amélioration avec le fournisser (qui aura pu être imposé).

    Maintenant, si un fournisseur est imposé, qu’il livre des produits de mauvaise qualité, et qu’il ne s’améliore pas, alors il y a aura non conformité du système (absence de maitrise et d’amélioration), mineure ou majeure selon la criticité du produit acheté et son impact sur les caractéristiques du produit fourni au client de l’organisme

  • Avatar Image EL AAMILI said 9 months, 1 week ago:

    Bonjour, d’accord avec Philippe.
    Rien à ajouter.

  • Avatar Image .Yves said 9 months, 1 week ago:

    Mouais….
    Puisque « d’accord avec Philippe » et que surtout « rien à ajouter » je comprends que je serais mal vu en ajoutant encore une tartine de doute et de trop srcupuleuses réserves.
    Au demeurant, tout le monde comprendra que, personnellement, je m’en fous complètement. Que chacun interprête le 4.1 ou le 7.4 comme il lui plait cela ne change rien à ma vie ni à ma façon de travailler.
    En travaillant selon les raisonnements que j’ai très longuement développés plus haut je ne me suis jamais planté. Ces raisonnements un peu gonflants à lire sous ma plume ne sont d’ailleurs pas seulement les miens mais surtout ceux de l’ISO tels qu’on peut les trouver sur le site de l’ISO et ceux de l’AFAQ tels qu’on peut les lire dans les règles pratiques de l’AFAQ.
    Tout ce que je raconte ici, c’est juste dans le bel esprit d’Allquality : partager mon expérience avec les autres.
    Après, chacun fait comme il veut, bien sûr.
    Et chacun verra bien comment ça se passe au moment de la certification.
    Sans vouloir brandir le moins du monde un inutile épouvantail, j’attire l’attention de ceux qui nous lisent sur le fait que tous les auditeurs de certification ne sont pas automatiquement aussi larges d’esprit que Philippe.
    Philippe dit : « Pour moi sélection ne veut pas dire forcément libre choix » et El Aamili le souligne péremptoirement d’un bref : « D’accord avec Philippe – Rien à ajouter ».
    Oups ! Rien à ajouter ?
    Je ne voudrais pas insister lourdement, El Aamili, mais, si tu as le temps, j’aimerais bien que tu nous expliques comment il est possible de sélectionner un fournisseur quand le fournisseur est imposé, et comment il faut faire pour établir des critères de sélection, d’évaluation et de réévalution pour un fournisseur imposé et inamovible ?