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Public Group active 3 weeks, 5 days ago

Métrologie (6 posts)

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  • Avatar Image Sylvain said 10 months, 2 weeks ago:

    Bonjour,
    Une petite question à vous poser :
    Lors d’un audit sur la métrologie, je constate que pour un certain nombre d’appareils, les dates de vérification sont dépassées de pres de 6 mois. Le responsable n’a pas pu les faire vérifier car les techniciens n’ont pas rapporté leurs appareils.
    Cet écart constitue t’il une non conformité? une remarque?

    Les appareils concernés sont destinés à de la vérification de tension, pas à de la mesure (étalonnage).
    Je précise bien dans l’instruction les dates de vérification.

    Qu’en pensez-vous?

  • Avatar Image Philippe Engrand said 10 months, 2 weeks ago:

    Quelle différence entre la vérification et la mesure ?
    Si on parle d’outillage (genre vérification en tout ou rien), alors on n’est pas en métrologie

    Si les dates sont dépassées, cela constitue un écart clair.
    Si les instruments sont destinées à contrôler les spécifications du produit, alors cela est une non conformité, qui peut être majeure s’il s’agit d’une spécification critique pour le client
    S’il y a de la marge entre les besoins en précisions (tolérance produit) et l’incertitude de mesure de l’appareil alors c’est une remarque, et on peut peut être relacher les fréquences de vérification

  • Avatar Image JMD said 10 months, 2 weeks ago:

    Si on parle d’outillage (genre vérification en tout ou rien), alors on n’est pas en métrologie
    d’accord

    S’il y a de la marge entre les besoins en précisions (tolérance produit) et l’incertitude de mesure de l’appareil alors c’est une remarque, et on peut peut être relâcher les fréquences de vérification
    pas vraiment d’accord sur la formulation.
    un appareil de mesure est dans sa classe (spécifications d’origine) ou bien déclassé (admis dans une classe de moindre précision) ou bien non suivi en métrologie.
    Espacer les confirmations métrologiques consiste en réalité à d’abord déclasser puis à considérer que la dérive de l’appareil pouvant le conduire à sortir de sa classe sera plus lente.

    nota : bien distinguer vérification de étalonnage (qui sont les formes de confirmation). Quoique les labos externes fassent les à la fois, ce qui simplifie les choses.

    amitiés

  • Avatar Image .Yves said 10 months, 2 weeks ago:

    Bonjour à tous,
    Vu que j’ai 177 coupures Internet par jour (selon la maintenance) j’avais préparé ma réponse à Sylvain avant d’avoir lu Philippe et Jean-Marie.
    Voici le copier-coller de cette réponse avant la prochaine coupure.
    Cordialement à tous.
    ————————————–
    Ta « petite question », Sylvain en contient en fait plusieurs…
    Tu nous dis que les appareils en cause sont destinés « à de la vérification », « pas à de la mesure (étalonnage) ». J’avoue ne pas bien comprendre ce que tu entends par là.
    La question sous-jacente telle que je la perçois est de savoir si ces appareils servent ou non à « apporter la preuve de la conformité du produit ». Si la réponse est oui, alors les exigences du § 7.6 de l’ISO 9001 leur sont d’emblée et pleinement applicables. Cela est vrai sans aucune restriction pour toutes les sortes d’ECME (équipements de contrôle de mesure et d’essai) de tous les SMQ du monde.
    Au-delà de ces exigences fondamentales, il est très fréquent que des SMQ jugent opportun d’appliquer aussi les dispositions de maîtrise prescrites par le § 7.6 à des ECME qui ne servent pourtant pas à établir la conformité du produit – c’est notamment le cas lorsqu’on juge nécessaire d’assurer la maîtrise des processus, et pas seulement la conformité du produit, au moyen de ces ECME (application du 8.2.3 ou du 7.5.1 par exemple).
    Dans les deux cas, le fait de ne pas respecter les dates de vérification définies par une instruction du SMQ constitue un écart. Mais quelle sorte d’écart et quelles conséquences de cet écart ? C’est bien difficile de le prévoir avec certitude car en pratique cela dépend beaucoup de la compétence et des préjugés de l’auditeur. (J’ai en effet remarqué que certains auditeurs de certification ont une sainte horreur de la métrologie à cause de sa complexité, ce qui les conduit soit à un laxisme stupéfiant soit à une rigidité draconienne selon leur caractère.)
    Faute de mieux, voici quelques points de repère selon ma lorgnette personnelle.
    Si les appareils en cause servent à établir la conformité du produit, l’écart devrait être une franche non-conformité. Non seulement parce qu’il y a incontestablement violation de l’exigence 7.6 a) mais surtout parce que le risque est majeur pour la conformité du produit.
    Dans les autres cas, il s’agira d’évaluer les conséquences que cet écart peut avoir sur la conformité du produit et sur l’efficacité du SMQ. Par exemple, si l’utilisation en processus d’un appareil défectueux ne peut pas provoquer la livraison d’un produit non-conforme ou la mise au rebut d’un produit coûteux c’est beaucoup moins grave que dans les cas contraires.
    Maintenant, Sylvain, même dans le pire des cas peut-être que tout n’est pas perdu car le § 7.6 te ménage quand même une planche de salut.
    Lis bien l’alinéa qui commence par « En outre… ». Bien que la vérification de tes appareils ait six mois de retard – ce qui est très mal ! -, il est fort possible qu’ils se révèlent malgré tout aptes (car souvent la périodicité arbitraire de vérification est fixée pifométriquement sans connaissance réelle de la durée d’aptitude véritable). Si tu as cette chance, tu peux valider (en enregistrant un procès-verbal) tout ce qui a été fait durant les six mois avec ces appareils puisqu’ils étaient aptes bien que non vérifiés. (Par contre, si tes appareils ne s’avèrent pas aptes lors de leur vérification, bonjour les dégâts, je te laisse le plaisir « d’entreprendre les actions appropriées sur tout produit affecté ».
    Conclusion pratique : il ne faut pas attendre passivement que les techniciens rapportent leurs appareils, il faut que le responsable de la métrologie aille les chercher dans les délais voulus.

  • Avatar Image .Yves said 10 months, 2 weeks ago:

    Re-bonjour à tous.
    Vu que ça fait 10 minutes que je reste connecté grâce à la WiFi de mon voisin j’en profite pour rebondir rapidement sur les posts de Philippe et Jean-Marie.

    Sur outillage genre vérification en tout ou rien :
    Pas d’accord avec Philippe et Jean-Marie. Il s’agit bien de métrologie et l’outillage en question doit bel et bien être étalonné.
    Exemple : un rudimentaire calibre à machoires « passe / ne passe pas » doit être régulièrement étalonné avec des cales étalons, sinon on ne saurait pas dire à quelle réalité dimensionnelle correspond le fait que l’objet contrôlé « passe » ou « ne passe pas ».
    Même chose en ce qui concerne d’autres réalités physiques, chimiques ou électriques susceptibles d’être vérifiées par des dispositifs du type « s’allume / s’allume pas » ou « s’allume en vert / s’allume en rouge ».
    Remarque 1 : Etalonné « régulièrement » ne veut pas forcément dire étalonné « souvent ».
    Remarque 2 : Sylvain parle d’appareils destinés à « la vérification de tension », ça me fait penser à quelque chose comme un voltmètre (rarement en tout ou rien) mais il faudrait savoir de quoi il s’agit en fait.

    Sur marge entre les besoins en précision et l’incertitude de mesure :
    Quand les tolérances sont larges alors que l’incertitude de mesure est petite (étroite) on peut dire que la capabilité du dispositif de contrôle est élevée.
    Cette capabilité élevée autorise légitimement des confirmations métrologiques espacées (peu fréquentes), surtout si la dérive est lente.
    Remarque 3 (qui est un peu la réciproque de la remarque 1 précédente) : confirmation « peu fréquente » n’en implique pas moins confirmation « régulière ».

    Il existe dans la vie pratique de nombreux mesurages pour lesquels la confirmation métrologique de l’instrument n’a aucune utilité (exemple : le mesurage de la hauteur des colis sur une palette avec un mètre-ruban), mais il ne s’agit pas de « relâchement » ni d’aucune sorte de « déclassement » ou d’élasticité métrologique pour ces choses, c’est tout simplement que la maîtrise métrologique n’a pas lieu de s’exercer pour ces mesurages parce que le risque est nul.
    En sortant un peu du sujet, je crois bon de bien insister sur cette notion pratique de risque nul. Pour reprendre mon exemple je ne dis pas du tout que la hauteur des palettes est une caractéristique sans importance ne méritant pas métrologie – on peut très bien imaginer au contraire que ce soit une spécification très importante car à 1,50 m tout va bien alors qu’à 1,60 m rien n’irait plus et obligerait à un reconditionnement d’enfer très coûteux avec pénalités de retard et tout ce qui s’ensuit – je dis bien que c’est le risque d’erreur de mesurage qui est nul, parce que sur 1,50 ou 2 mètres aucun mètre-ruban ne peut avoir une erreur de 8 ou 5 cm ; c’est l’inexistance du risque métrologique et non pas l’importance de la chose mesurée qui rend inutile de soumettre le mètre-ruban aux exigences du § 7.6 de l’ISO 9001.

    Mais je me suis considérablement éloigné de la question de Sylvain.

  • Avatar Image Sylvain said 10 months, 2 weeks ago:

    Bonjour et merci de vos réponse Philippe, Jean Marie et Yves.
    Il s’agit de multimètres. Nous avions déja traité la notion de vérification et d’étalonnage, et dans notre cas, nous sommes sur de la vérification des appareils.
    Le bémol rencontré est que la date de vérification prévue est dépassée de près de 6 mois, sachant que la vérification est prévue tout les 2 ans.
    Dans le cas présent, la personne en charge de la gestion de la métrologie n’a pas de pouvoir hiérarchique vis à vis des techniciens et comme les responsables sont de vrais passionnés de métrologies…. il rame !
    La solution que je vais préconiser est que le chef d’agence tape un peu du poing sur la table pour faire en sorte que les responsables exigent de leurs techniciens, qu’ils ramènent les matériels pour vérification. D’ou ma fiche d’écart.

    Il est bien indiqué dans l’instruction, les fréquences de vérification, de fait, il y a manifestement un écart, que je vais matérialiser en « remarque » pour être soft… Je pense qu’une NC était justifiée, car on peut imaginer, une incidence sur l’installation électrique à la mise sous tension, due à un appareil défectueux.

    PS: nous avions précédemment un auditeur qui s’en foutait royalement de la métrologie….

    Encore merci de vos réponses.