Gardac, ta description me fait penser à des trucs comme les biscuits, les biscottes, le pain ou les pizzas…
Je suppose que c’est du biscuit.
Il y a trois choses à considérer, le mélange, l’extrusion et la cuisson.
Le mélange.
Au moyen d’un pétrin tu mélanges la farine, l’eau, le sel, le sucre, la levure et tout ce qu’il faut pour constituer une sorte de grande gamelle de pâte.
Comme tu dis que ce mélange est réalisé « en un temps donné », je suppose que ce temps donné a été défini suffisament long pour que la pâte soit homogène.
Avec une sonde on pourrait prélever des échantillons n’importe où dans la gamelle, on trouverait toujours la même densité, la même couleur, la même teneur en sucre et , d’une façon générale, exactement la même composition.
Donc, jusque là, aucun problème d’homogénéité.
L’extrusion.
Pour pouvoir transformer cette pâte en produit fini, il faut la sortir de la gamelle.
Tu dis qu’on la soutire « en bandes ».
Cela me fait penser à une filière d’extrusion fonctionnant en continu de façon bien régulière du début à la fin de la gamelle de manière à sortir une bande de pâte bien régulière.
Si jamais la filière avait des fantaisies, des variations de poussées par exemple, cela se traduirait éventuellement par des différences de densité de la pâte sur la bande sans rien changer à la composition de la pâte qui, elle, restera stable et homogène.
La question est de savoir si cette éventuelle variation de densité peut ou non avoir de l’influence sur la caractéristique que tu veux mesurer.
Cette question n’est pas superflue car s’il s’agit d’un biscuit – c’est mon exemple – ou d’une biscotte, une caractéristique importante peut être le craquant qui dépend beaucoup moins de la composition de la pâte que de sa densité (et de sa cuisson).
Mais tu as résolu le problème puisque tu découpes les échantillons côte à côte (sur la même bande bien sûr). En cela tu fais ce que préconise Norbert, tu sélectionnes « des éléments réalisés consécutivement », c’est à dire qui sont sortis de la filière presque en même temps et qui ont donc la même caractéristique de densité.
La cuisson.
Là, ça se complique !
Tu dis que « le test consiste à cuire [les échantillons] et à en mesurer certains critères ».
Là, je tique un peu…
Je ne sais pas quel est ton véritable produit ni quel est le genre de mesure finale que tu souhaites soumettre à ton étude R&R, mais en abordant le problème ainsi tu fais entrer le moyen de cuisson dans le moyen de contrôle.
Comme ce moyen de cuisson dedié au contrôle a de bonnes chances de ressembler à un four (ou peut-être une étuve, je ne sais pas), pour conduire convenablement ton étude R&R tu vas devoir mesurer la répétabilité de ce four (ou de cette étuve) puisqe c’est l’un des éléments du moyen de contrôle.
Je ne dis pas que c’est complètement impossible, mais c’est quand même beaucoup plus compliqué que tout ce qui précède.
Il y a peut-être une alternative.
Il s’agit de savoir si cette cuisson n’est réservée qu’aux échantillons parce qu’elle n’est nécessaire que pour le contrôle particulier que tu veux soumettre à ton étude R&R ou bien si la cuisson est une opération de processus à laquelle sont systématiquement soumise toutes les pièces de série.
J’ai peut-être tort de penser encore aux biscuits, pain et biscottes, mais dans ce dernier cas, c’est à dire si toutes les pièces de séries sont cuites et pas seulement les échantillons, je pense que le plus simple et le plus performant est sans doute de considérer que la cuisson est une opération de processus au même titre que le mélange et l’extrusion et de faire pour la cuisson des échantillons tout comme tu as fait pour prélever ces échantillons en sortie d’extrusion.
En pratique, cela consisterait tout simplement à placer tes échantillons soigneusement rangés les uns à côté des autres au beau milieu des pièces de production et à les faire passer dans le four tout comme les pièces de production.
Je pense en effet qu’en procédant ainsi il n’y a aucune raison pour qu’un échantillon soit significativement plus cuit ou moins cuit que son voisin. (Et cela tout à fait indépendamment de la question de savoir si cette cuisson en tant que telle est satisfaisante ou non car cette question n’a aucune importance pour l’étude R&R.)
Tu pourras alors très raisonnablement commencer ton étude R&R en partant de l’hypothèse qu’il n’y a pas de dispersion entre les échantillons car ces échantillons seront des clones quasiment parfaits comme le dit Norbert.