Bonjour Laurence,
Celui qui a le plus de poids sur le fournisseur c’est en général celui qui décide de lui acheter ou de ne pas lui acheter sa fourniture. Souvent on appelle cette personne l’acheteur (ou le Responsable des Achats, ou encore le Directeur des Achats et parfois tout simplement le patron…)
Pour que tout aille pour le mieux dans la relation avec le fournisseur, en n’en faisant ni trop ni trop peu, il faut que les techniciens qualité et l’acheteur communiquent fluidement et clairement entre eux dans un esprit et un climat de bonne intelligence.
En matière de systèmes de communication au sein de la « supply chain », comme tu dis, on peut mettre en place des procédures très fines et très sophistiquées prenant en compte des critères aussi nombreux et alambiqués que l’on voudra, sous forme de matrices, d’équations ou de tables de décision. Il suffit d’avoir un simple ordinateur ordinaire et courant pour y faire entrer toutes les données que l’on veut, en provenance des techniciens qualité, de l’acheteur, des commerciaux, du contrôle de gestion, des actionnaires et des flux financiers qui les intéressent, et même tant qu’à faire des clients qu’il ne faudrait quand même pas perdre de vue. Tu fais rentrer tout ça dans la moulinette avec les subtiles pondérations fixes, semi-fixes ou variables accordées scientifiquement à chacun des acteurs et l’ordinateur va te pondre à toute heure du jour ou de la nuit tous les ratios soi-disant objectifs que tu voudras concernant n’importe quel fournisseur. Tu pourrais facilement en déduire des paliers pour ton échelle d’escalade, et, ma foi, le robot ainsi constitué pourrait déclencher automatiquement les alertes voulues sur le téléphone portable de chaque acteur.
Tout cela, c’est techniquement faisable. Parce qu’il ne s’agit que de traiter des données aussi nombreuses et complexes soient-elles.
En matière d’intelligence par contre….
Là, j’avoue que je suis un peu court. Je ne connais pas l’équation de l’intelligence ni de matrice d’intelligence. Si un autre Allqualiticien est savant de ce genre de chose il faut qu’il nous le dise, ce serait un pas décisif dans l’histoire de l’humanité.
En attendant, je crois que l’intelligence est une faculté humaine, toujours insuffisante, propre à chaque personne. Il y a des cons et d’autres qui le sont un peu moins sans pour autant être géniaux. Je crois également que le degré d’intelligence de chaque personne augmente en proportion de son écoute et de son attention au raisonnement d’autrui (on ne nait pas con ou intelligent, on devient plus ou moins intelligent à partir de ce que l’on intègre de l’apport des autres – mais je suis en train de m’égarer dans le sempiternel débat sur l’inné et l’acquis qui n’a rien à voir avec la « matrice d’escalade » recherchée par Laurence.
Pour revenir à nos moutons, je pense que la bonne attitude à adopter à l’égard d’un fournisseur résulte beaucoup plus d’un dialogue simple, direct et intelligent entre les techniciens qualité et l’acheteur (si c’est l’acheteur qui a « plus de poids ») que d’une hypothétique « matrice d’escalade » aussi sophistiquée et coûteuse qu’elle puisse être.
Mais tout cela, c’est juste mes croyances.